Mon bébé papillon

Il y a quelques temps, ColombesMum (super blogueuse à suivre absolument !) a publié un article sur les bébés papillons.

Après de longues hésitations, j’ai enfin trouver le courage de vous parler de MON bébé papillon. Des jours et des jours que ça me trotte en tête… je ne m’étais dit que finalement non, je ne le publierai pas cet article ! Et puis, le 8 février dernier, avec Chéri nous avons regardé un film sélectionné à la Berlinade 2017 : « Alabama Monroe ». Ce film m’a secoué, brassé, attristé, ému… Je ne trouve pas les mots pour décrire mon émotion à ce moment là mais j’en étais toute chamboulée !

Je n’ai pas vécu quelque chose de comparable à Alabama Monroe…et pourtant j’en étais toute brassée. D’ailleurs, je vous ferai un billet dans quelques jours concernant ce film qui m’a profondément bouleversé.

Alors aujourd’hui, je veux vous le confier : je suis moi aussi, la maman d’un bébé papillon…

Cette grossesse fut, pour moi,  un grand moment de bonheur, de joie immense… Des mois et des mois que nous attendions ce bébé ; il est venu un court instant nous ravir, nous donner l’espoir d’être parent, nous prouver que ça pouvait marcher, nous prouver que la vie est une très belle aventure…

Contrairement à Alabama Monroe, effectivement, nous étions dans une période encore fragile, comme disent les médecins… « médicalement non assuré » ! Pourtant, nous étions proches de cette échéance. Après des mois d’attente, être enceinte était pour moi un moment de plénitude complète. J’avais envie d’y croire !!! Je connaissais les risques mais comme trop souvent, on pense que …. »ça n’arrive qu’aux autres ».

Et un jour, après une visite de contrôle chez le médecin alors que nous étions prêts à le crier sur tous les toits à la minute prêt, la nouvelle est tombée : mon bébé est parti… Comme un papillon, il s’est envolé… me laissant VIDE ! J’avais beau pleuré, crié, tapé aux murs : non, hélas, il fallait que je me rende à l’évidence : j’étais vide ! Une partie de moi est partie pour toujours. Un chagrin qu’aucun mot n’apaise. Pourtant, il était bien lové dans mon bidon ce bébé, j’ai fait très attention à prendre soin de lui, à le chouchouter… Et pourtant, ça n’a pas suffi. J’ai culpabilisé, j’ai souffert, je me suis rendue compte plus que jamais que la vie ne tient qu’à un fil.

Aujourd’hui, nous sommes les heureux parents d’une jolie princesse mais nous n’oublions pas notre bébé papillon. Je pense aujourd’hui à tous les bébés papillons et à tous les parents de bébés papillons, qui décident de s’envoler tout là-haut dans le ciel plutôt que venir se lover dans nos bras !image1

Et en ce jour terrible, symboliquement, Chéri m’a offert une rose éternelle…

****

Voici un extrait d’un texte touchant (vous le retrouverez ICI) :

« A propos des bébés papillons

Connaissez-vous les bébés papillons ?
Mon petit-fils Amaël en est un. Son papa et sa maman avaient déjà fait deux jolis bébés, deux petits garçons adorables, coquins, beaux, intelligents… (Non ! Je ne dis pas ça parce que je suis leur grand-mère !).

Du coup, ils ont bien eu envie de continuer, et sans le savoir, ils ont fait un bébé papillon.
Les bébés papillons sont apparemment comme les autres. Apparemment seulement. Ils apparaissent et prennent vie dans le petit cocon du ventre de leur maman, et comme les autres, ils lancent aussitôt des petits grappins d’amour dans les cœurs de toutes les personnes de leur entourage.

Amaël a bien accroché le mien, je l’ai bien senti.

Ce sont des petits malins, ils font ainsi croire qu’ils sont bien arrimés et on ne se méfie pas en attendant leur naissance… Sauf que… Ils ont un secret. Ils cachent soigneusement une petite paire d’ailes dans leur dos. Elles sont si fines et si transparentes qu’on ne peut pas les voir. Et puis un jour, alors que l’on pense qu’ils vont bientôt arriver, sortir du cocon comme les autres bébés, hop ! Ils déploient d’un coup leurs ailes et passent à travers les filets de nos bras tendus pour les accueillir.

On reste stupéfaits, sans voix, les bras vides et le cœur déchiré par les petits grappins arrachés.
C’est ce qu’a fait Amaël, notre bébé papillon. Il s’est brusquement envolé. J’ai eu très très mal, et je me suis fâchée.

« Amaël ! Mince ! (En vrai, j’ai dit un plus gros mot…) Ça fait trop mal ! Pourquoi tu as fait ça ?! »

Amaël a souri en voletant, tout en prenant bien soin de rester hors de portée.

« Devine ».

« Ca suffit, Amaël ! Il me faut une explication ! Toute ta famille, nos amis, sont dévastés ! Tu ne vas pas t’en tirer comme ça ! »

Il continuait à voleter, à jouer avec le vent, de plus en plus haut. Il a dit : « Vraiment ? Tu ne sais pas ? ». Il a soupiré… « Bon, alors voilà : les bébés papillons ne sont pas faits pour grandir, ils doivent rester très légers tu sais. En fait, ils ont une autre raison d’être… »

Devant mon air furieux, il s’est empressé d’ajouter, avec un air aussi sérieux que le permettait sa petite bouille de bébé : « Les bébés papillons sont des professeurs. »

J’ai failli m’étouffer : « Des professeurs ? Tu te moques de moi ! Des professeurs de quoi ? »

« Des professeurs de vie, voyons ! Je suis venu pour vous rappeler à quel point la vie est fragile et précieuse pour que vous en preniez soin et que vous en profitiez mieux. A chaque instant il faut se le dire, aimer les siens et le leur faire sentir, souvent, éviter de se fâcher pour des bêtises, éviter de se faire du mal, s’amuser, être heureux, curieux de tout, tu vois, ce genre de trucs. Pour ça, la bonne méthode, c’est l’amour inconditionnel. Comme celui que vous aviez préparé pour moi. DU coup, celui-là qui m’était destiné, redistribuez-le, ça vous en fait plus. Moi j’en garde juste assez pour voler encore un peu plus haut… »

« Tout de même Amaël, elle est un peu dure cette leçon… »

Il a haussé les épaules. « Si vous aviez été un cas désespéré, ça n’en aurait pas valu la peine, mais je pense que vous êtes des élèves prometteurs… »

Il a souri et m’a adressé un petit signe de sa minuscule main. « Tu sais bien que je fais partie de vous… Je ne pars pas vraiment. »

Il était si haut que je ne le voyais presque plus… Et puis plus du tout. Mais étrangement, je le sentais autour de moi. Et je savais qu’il serait toujours là.

Merci, mon précieux petit bébé papillon, mon petit professeur de vie. Je n’oublierai pas ta leçon et je me charge de la rappeler moi-même à tous ceux que j’aime. Histoire de ne plus avoir besoin d’un autre bébé papillon…

Je t’aime. Mamie Babs.

Pour toi ma fille adorée, et pour ton merveilleux compagnon. »

 

 

5 commentaires sur “Mon bébé papillon

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  1. Comme tu le dis si bien : on croit trop souvent que « cela n’arrive qu’aux autres », on essaie de se convaincre qu’après des mois / années de galère pour avoir un bébé, la vie ne peut pas être aussi injuste et nous le reprendre … J’ai également vécu une fausse couche avant d’avoir P’tit bout et cela a laissé beaucoup de « craintes » dans mon esprit qui se sont encore davantage révélées lors du début de ma seconde grossesse. On n’oublie JAMAIS ce qu’aurait pu être ce « bébé », comment on l’aurait appelé, comment il / elle aurait été …

    Aimé par 1 personne

      1. Bizarrement, j’ai eu beaucoup plus d’angoisses lors de cette dernière grossesse que pour celle de mon premier qui arrivait juste après cette grossesse non évolutive … 9 mois après cette FC, je retombais enceinte, et inconsciemment, je me disais que c’était un signe du « destin » cette fois-ci et heureusement, ce fut le cas.

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  2. Ohlàlà je suis toute bouleversée par ton article. On oublie jamais, et c’est parfois difficile à faire comprendre à son entourage à quel point c’est difficile. La métaphore du papillon est superbe. Merci pour ce joli texte et de t’être dévoilée d’une façon si touchante.

    Aimé par 1 personne

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